De plus en plus d’enfants ont des problèmes d’allergie ou d’intolérance par rapport à l’un des principaux éléments de notre alimentation : le lait.

Une distinction doit être faite entre l’allergie et l’intolérance. Voyons quelles peuvent en être les causes et comment établir un diagnostic certain.

L’allergie au lait

Le composant des aliments qui entraîne une réaction allergique bouleversant le système immunitaire est dit allergène. L’allergie alimentaire se déclenche au moment où l’allergène pénètre dans l’organisme par le biais de la digestion.

L’allergène présent dans le lait, cet aliment d’une importance fondamentale pour la croissance d’un enfant, est la beta-lactoglobuline, une des protéines du lait de vache.

La symptomatologie qui s’ensuit est soutenue par des mécanismes immunologiques qui provoquent l’apparition d’une série de symptômes d’ordre cutané (urticaire, angioedème, poussées cutanées), au niveau de l’appareil gastro-entérique (vomissement, diarrhée, coliques abdominales) et de l’appareil respiratoire (rhinite, asthme).
Les signaux des réactions allergiques se déclenchent subitement et la symptomatologie varie selon l’âge de l’individu : chez le nourrisson c’est principalement l’appareil gastro-intestinal qui sera concerné avec de nombreuses régurgitations ou vomissement… Chez le jeune enfant la symptomatologie se situe souvent au niveau de l’épiderme et chez les enfants plus grands c’est le plus souvent l’appareil respiratoire qui est touché.
La symptomatologie qui se situe au niveau de l’appareil gastro-entérique apparaît généralement chez les enfants entre 3 et 6 mois.
L’allergie se manifeste le plus souvent après quelques jours mais parfois les premiers symptômes peuvent apparaître suite aux premières tétées du lait de vache.

Une fois adulte, les symptômes sont divers et vont de l’urticaire aux troubles respiratoires et peuvent même conduire dans des cas plus extrêmes au choc anaphylactique.
Les allergies et l’hérédité
L’importance du facteur allergène est prouvée dans la répétition des manifestations allergiques constatées dans une même famille.
Selon une récente étude de chercheurs américains, les parents transmettraient à leurs enfants non seulement une tendance aux allergies mais l’allergie à un élément spécifique, le même que celui auquel eux, parents, sont allergiques. Une théorie tout à fait nouvelle dans la mesure où jusqu’alors il semblait que la composante héréditaire des allergies était générique à savoir qu’un enfant n’héritait pas précisément de l’allergie de son père ou de sa mère.

Les allergies alimentaires
Les aliments que l’on retrouve le plus souvent dans les allergies sont le lait (protéines), les céréales (gluten), le soja, les tomates, les oeufs, les agrumes, les crustacés, le chocolat, les noix.
Le lait et les œufs provoquent des manifestations particulièrement fréquentes chez l’enfant, souvent de type immédiat, qui peuvent surgir même suite à l’ingestion d’une faible quantité.

Diagnostic et traitement de l’allergie au lait

Le diagnostic est effectué en observant une disparition totale des symptômes une fois le lait supprimé de l’alimentation de l’enfant ; symptômes qui réapparaîtront dès que le lait sera de nouveau introduit.
En cas de doute, des examens seront effectués en laboratoire : une analyse de sang permettra de déceler la présence des anti-corps spécifiques à l’allergène (la beta-lactoglobuline).
Le traitement consiste dans un premier temps à ôter de l’alimentation de l’enfant le lait et tous les produits laitiers.
Si l’allergie s’est déclenchée alors que l’enfant était encore un nourrisson, une tentative de réintroduction progressive du lait de vache pourra être effectuée entre 12 et 18 mois.

L’intolérance au lait

A ne pas confondre avec l’allergie, l’intolérance au lait est de plus en plus fréquente et toucherait environ un tiers de la population française.
Situation qui s’est considérablement empirée au cours des deux dernières décennies vraisemblablement à cause des nombreuses manipulations que subissent les aliments entre la production et le moment de leur consommation.
Chez les jeunes enfants l’intolérance au lait est de loin la plus fréquente.
En cas d’intolérance au lait, la lactase, enzyme digestive qui intervient dans la décomposition du lait en le réduisant au galactose et au glucose est quasiment absente dans la muqueuse intestinale.
Le lactose (sucre contenu dans le lait) est présent dans tous les laits de vache, de chèvre ainsi que dans le lait maternel.
Lorsque le lactose arrive dans le colon, la transformation n’ayant pas été faite, il n’est pas toléré d’où la réaction de fermentation avec l’apparition de symptômes tels que le gonflement et les crampes abdominales, le météorisme, la diarrhée.
L’intolérance au lactose peut être due à une déficience primaire (une condition génétique plutôt rare), ou cas plus fréquent, secondaire et transitoire (due à une pathologie intestinale passagère).
Les bébés prématurés présentent souvent une carence en lactase qui se résout lorsque l’enfant grandit.

Diagnostiquer une intolérance au lait

Le plus simple pour diagnostiquer une intolérance au lait consiste de toute évidence à supprimer temporairement le lait et les produits laitiers de l’alimentation de l’enfant et de constater si les symptômes disparaissent ou non.
Mais cette suppression radicale ne permet pas de connaître le degré d’intolérance au lait et risque de priver totalement un enfant d’apport en lactose alors qu’une simple diminution de cet apport peut suffire.
Le test « Breath Hydrogen ». Il s’agit d’un test de respiration : totalement indolore, ce test permet de mesurer le volume d’hydrogène contenu dans l’air expiré avant et après consommation d’un produit laitier. En effet, en cas de déficit d’absorption du lactose donc d’intolérance au lait, le volume d’hydrogène expiré aura considérablement augmenté.
Une analyse de sang peut également permettre de diagnostiquer l’intolérance au lait qui sera caractérisée par une absence d’augmentation du taux de glycémie dans le sang après absorption d’un produit laitier.

Traitement de l’intolérance au lait

Il existe plusieurs niveaux d’intolérance au lait qui varient en fonction de la quantité de lactase (enzyme digestive) que chacun produit naturellement.
Généralement, si le lait n’est pas toléré par les enfants souffrant d’intolérance au lactose, les yaourts ou fromages à pâte dure le sont davantage ce qui permet de conserver un apport en calcium pour l’enfant.
Des laits spécifiquement préparés pour apporter les nutriments essentiels à la bonne croissance de l’enfant sont disponibles.
Ces formules seront préconisées en fonction des besoins spécifiques de l’enfant, de son âge et de son degré d’intolérance au lait ; raison pour laquelle il est vivement recommandé de consulter un pédiatre qui saura prescrire le lait approprié et donner les indications nécessaires pour la bonne alimentation de l’enfant afin de ne pas risquer de carences.
Le plus souvent, l’intolérance au lait est due à une carence légère de lactase qui ne nécessite pas de rayer totalement l’apport de lactose dans le régime alimentaire de l’enfant.
L’intolérance au lactose peut également n’être que passagère ce qui permettra de réintroduire progressivement le lait dans l’alimentation.

Des laits pauvres en lactose sont désormais proposés en grande surface pour permettre aux enfants souffrant d’intolérance au lait de continuer à boire leur traditionnel bol de chocolat le matin notamment.
Le lait de soja, de riz… peut également venir supplémenter le lait de vache en cas d’intolérance au lactose.

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